L'adaptation interactive du Tueur de Matz – scénariste – et Jacamon – dessinateur – est un exemple à suivre. L'utilisation intelligente du clic et la mise en scène des illustrations créent une œuvre à part entière et donnent à (re)découvrir l'autobiographie de ce tueur professionnel imaginé pour la BD.

Les clics de lecture

Chaque clic appelle une nouvelle bulle ou une nouvelle image. Le clic s'opère le plus souvent dans l'image ou dans la bulle. Sauf dans certains cas.

Les actions scénarisées

Ici l'action de cliquer est directement liée au récit. Elle permet une immersion dans l'univers ou la tête du héros : déplacer les photos d'un dossier que le héros tient en main en glissant la souris, cliquer sur la bouteille alors que le héros reste à observer son frigidaire ouvert, glisser la souris sur le reflet de lunettes pour déplacer le paysage et identifier l'homme à tuer, glisser la souris pour déplacer le viseur du fusil, cliquer sur un interrupteur, sur la télécommande, sur une ombre qui disparaît dans l'image et conduit vers un autre lieu...

Des actions sur des lunettes, le viseur et un dossier. Écrans de l'animation.

L'absence d'intervention

Les scènes d'action – poursuite en moto, sous-marine, combat,... – enclenchent un montage de vignettes qui s'entrechoquent. Elles se déroulent d'elles-mêmes sans intervention du lecteur pour ne pas interrompre la dynamique de l'action.

L'espace écran et la mise en scène graphique

Le chapitre 7 est à ce titre le plus illustratif. La scène se passe dans le métro. Partant de la vignette, les reflets des néons du métro sur la vitre deviennent des acteurs à part entière du décor et de l'action. Ils suivent le héros en se transformant en reflets des lampadaires d'une rue, puis en reflets des lumières des fenêtres d'un immeuble. La créativité par rapport aux cinq planches de la BD est ici manifeste.

Écrans du chapitre 7 de l'animation.

La bande-son

Elle est le support indispensable au récit : musique métallique pour la noirceur du sujet et bruitages adaptés aux lieux et à l'action. Elle aurait pu néanmoins être un élément plus déterminant de la mise en scène interactive.

Créée en 2001, la BD interactive devait faire l'objet d'un nouvel épisode tous les 15 jours. L'épisode 12 qui conclut le volume 1 vient d'être publié, fin 2008. La diffusion haut débit – indispensable pour ce type d'animation – encore restreinte à l'époque et le problème du modèle économique de la création sur Internet expliquent sans doute ce délai. Il fallait de l'audace pour se lancer. Raison pour laquelle cette BD française a été adaptée par une production néerlandaise et n'est donc visible qu'en néerlandais et en anglais !

Voir la BD interactive jeu : The Killer.

Attention : le chapitre 11 a été bien été réalisé mais dans la seule version néerlandaise !

Un peu plus...

Deux comparatifs :

  • deux planches extraites de deux chapitres de la BD permettent de voir le travail d'adaptation : chapitre 1 et chapitre 6 ;
  • une bande-annonce de l'éditeur Casterman présente le tome 2 de la collection, dont l'esthétique est par ailleurs bien moindre : bande-annonce de L'engrenage.

L'adaptation interactive de la BD été réalisée par Fons Schiedon et produit par Submarine Casterman, l'éditeur de la BD, a consacré un mini-site à la série en 2002 : la série Le Tueur. Les droits de la BD ont été achetés par la Paramount. Le film devrait être réalisé par David Fincher, le réalisateur de Seven.

Julien Falgas, fondateur du site Webcomics, analyse la BD interactive en la rapprochant du jeu vidéo : La BD en ligne 4.

Voir aussi :