Si c'était chez moi ou des données mondiales lisibles par tous
L'ouverture d'accès aux données publiques est l'occasion de voir la multiplication de tableaux de bord infographiques plus ou moins interactifs. Les données brutes chiffrées sont mises en scène dans des représentations "statistico-graphiques" le plus souvent illisibles pour le commun des mortels. Commun des mortels par ailleurs démuni devant des combinaisons possibles de données qui tournent à vide, puisque sans motif pour en jouer. Seuls quelques experts profitent au maximum de l'information que livre ces données.
If it were my home (Si c'était chez moi) déroge à la règle. Le principe consiste à lancer une comparaison de son pays avec un autre – son pays par défaut, mais un autre choix est possible.

Le résultat affiche une liste de dix constats évaluant les plus (en vert) et les moins (en rouge) du pays comparé (le bleu pour le nombre de bébés). Pas de graphes et de décryptages fastidieux de légendes, mais le résultat d'un ratio de données intégré pour lire un texte qui informe. Ici, les résultats du "Si l'Iran était chez moi" comparé à la France.


Mais surtout, les données sont contextualisées avec une comparaison qui concerne directement l'internaute. Opérer la comparaison sur seulement deux pays simplifie l'information et le désir d'approfondissement. Comparer avec des pays démunis éclaire la chance que l'on a ; avec des pays plus voisins souligne des différences intrigantes qui sans cet outil n'auraient jamais été connues. Une parfaite illustration de l'objectif du driven data journalism qui travaille l'approche narrative des données pour raconter aux lecteurs.
La limite du site réside justement dans la frustration de ne pas pouvoir en savoir davantage, le site étant une réalisation personnelle. Les seules informations ajoutées sont les données brutes qui ont permis le calcul du ratio de comparaison. Comprendre le pourquoi d'un constat surprenant ou visualiser une comparaison d'ensemble d'un constat sur plusieurs pays (le taux de chômage sur plusieurs pays d'Amérique latine par exemple) aurait satisfait la curiosité éveillée.
Démonstration néanmoins de la possibilité d'approcher facilement la lecture de données mondiales, à des kilomètres de tableaux de bord illisibles réalisés par des Instituts à qui pourtant les moyens ne font pas défaut.
- Site : If it were my home.
Suivant la mode déclenchée depuis la marée noire américaine avec les possibilités des API de Google Maps, le site propose une apposition de la superficie du pays choisi sur la carte de son propre pays. Une page dédiée est consacrée aux seules catastrophes. Si le rendu visuel surprend, l'implication a une portée assez limitée.

La BBC a développé un site sur cette seule veine de superficies géographiques à comparer qui permet de tester davantage ce mode d'implication.
- Site : How big really.
Commentaires
Commentaires fermés.
