Dans la logique du faire pour soi, cette création-là est emblématique. L'outil permet de fabriquer une Une de Voici en téléchargeant ses photos dans une maquette préexistante du journal. Un exercice journalistique people exemplaire de l'exploitation marchande de nos faiblesses.

Résultat final et maquette.

Puisque les joies de la vie privée de gens ordinaires starifiés font la Une, pourquoi pas moi ! La première dent de mon fils vaut bien celle de celui d'une starlette ou de l'animateur du centre commercial du coin. Tout autant que mes vacances, mariage, naissance, soirée...

Puisque les malheurs de la vie privée de gens ordinaires starifiés font la Une, pourquoi ne pas faire la même chose ! Mon collègue s'est fait largué, ma voisine est gravement malade, ma belle-mère a pris du poids ou un coup de vieux... Cet aspect, pourtant très présent dans la presse people, n'est bizarrement pas présenté sur un plan commercial. Noblesse oblige sans doute !

Que nous soyons tous portés à nous extasier sans fin sur nos bonheurs privés, c'est normal. Que nous ayons tous une tendance à manifester quelques travers peu reluisants aussi. Ce qui l'est moins, c'est qu'autant de médias se soient emparés de ces penchants pour nous conduire vers un nombrilisme des plus appauvrissants.

La rengaine du "on donne ce que vous voulez" est connu. Dédouanement facile pour des journalistes sous la coupe de financiers qui utilisent les médias pour s'enrichir davantage en exploitant sous couvert d'informations nos faiblesses. Ou qui ne cherchent dans ce métier qu'une pseudo-notoriété contraire à la déontologie attachée à cette profession.

Une information organisée autour du soi. Un soi porté aux nues sans aucun mérite particulier ou condamné sans aucune forme de procès. Le contraire même du dialogue, de l'échange et de la communication.

Publicité sur la Une Voici perso.

Mais une bonne nouvelle se cache peut-être derrière cet outil : une fois que chacun pourra afficher sa une, devant d'autres qui lui renverront la leur, chacun s'ennuyant dès qu'il ne s'agira pas de lui, un après pourra peut-être enfin voir le jour.

Un peu plus...

Il manque à l'outil la possibilité de parfaire le look (pour soi) ou le défaire (pour les autres), dont l'utilité pourrait bien faire espérer la même chose. Voir Les dessous de la beauté virtuelle.

Sur les techniques et savoir-faire du journalisme people : Le récit people : éléments d'un savoir-faire .

Le même principe est proposé pour réaliser une couverture du journal L'Équipe. Mais toute différente est la finalité. Le sport reste encore basé sur l'exploit, l'entraînement et le collectif. La presse qui en parle aussi. La caution journalistique recherchée ici aussi : Faire la une du journal L'Équipe.

Une perso de l'Équipe.