Caleb Johnston s'est inspiré de gravures du 19e siècle pour mettre en scène un jeu de cache-cache. Un montage de gravures forme une composition graphique qui dissimule des zones cliquables : pour quelques secondes se substitue ou s'ajoute alors un motif donnant à voir un ensemble renouvelé. Ci-dessous, l'ajout de deux chouettes en haut.

Écrans de la première composition. Vers le site....

Il n'est pas question de challenge ici, mais d'un temps d'observation pour trouver les endroits à cliquer et découvrir leur apport visuel, jusqu'à la surprise, quand toutes les zones à cliquer ont été découvertes, d'une nouvelle composition tout aussi exemplaire de finesse.

Les transformations sont plus cauchemardesques (squelettes, insectes) que bucoliques (fleurs, papillon) et imprègnent le fil des animations d'une noirceur inconfortable, accentuée par une bande-son qu'il est possible de supprimer pour une vision plus sereine. Le titre nfctd, écriture phonétique de infected, infecté en français, est à ce titre révélateur. L'exercice n'est pas sans rappeler une partie du travail de collage et de détournement d'anciennes illustrations réalisé par Max Ernst dans Une semaine de bonté.

Écrans de la deuxième composition. Vers le site....

Cette œuvre donnerait envie de découvrir d'autres illustrations et illustrateurs ainsi mis en scène. C'est oublier les conditions de sa réalisation. Caleb Johnston a utilisé des images libres de droits et réalisé cette animation sur son temps libre, œuvre pour laquelle il ne touche aucune rémunération et aucun droit.

Vœu pieux donc. Tant que la création sur internet ne sera pas prise au sérieux. Ou plus exactement, ne sera pas à même d'être défendue par des groupes de pression armés pour défendre les intérêts de certains, au mépris de l'intérêt général.

  • Voir l'animation interactive : nfctd

Un peu plus...

Les gravures proviennent du Dover Pictorial Archive qui publie des ouvrages d'illustrations tombées dans le domaine public : Dover Pictorial Archive. Elles proviennent des images collectées par Jim Harter au long de sa carrière d'archiviste. Elles ne sont plus disponibles en ligne faute de moyens financiers (Harter Images is now closed) mais sont regroupées dans des livres : Harter books .

La référence à Max Ernst peut se vérifier dans l'aperçu de quelques planches du livre dans Google books. Une exposition est prévue au Musée d'Orsay de juin à septembre 2009 : Les collages de Max Ernst "Une semaine de bonté".

Le port-folio de Caleb Johnston, qui travaille principalement à la réalisation de promotionnel de films : Caleb Johnston.

Voir aussi, sur le principe d'illustration en devenir de clics, Design interactif haut de gamme : Jonathan Yuen, teinté d'un naturalisme oriental beaucoup plus serein.