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Commune de Paris : street art, journaux d'époque et QR code

Le collectif Raspouteam commémore le 140e anniversaire de la Commune de Paris avec un audacieux mélange des genres.

Les murs de Paris font l'objet d'interventions de street art : des affiches d'illustrations et de photographies d'époque des lieux, événements et acteurs sont collées aux endroits précis d'un événement relatif à la Commune. Un art "hors-la-loi" (l'interdiction d'afficher de la loi du 29 juillet 1881) devient le pendant d'une insurrection populaire.

Écran du site.

Les affiches sont agrémentées d'un QR code qui permet un accès à des informations historiques à partir d'un téléphone portable. Un outil à visée commerciale – accéder sur le web à l'information d'un produit en photographiant le code barre spécifique (QR code) présent sur l'affiche publicitaire – est détourné au profit d'un savoir accessible à tous.

Un QR code et un mobile.

Le déroulement des faits est relaté quotidiennement à partir de la reproduction de journaux, seul moyen d'information de l'époque, opérant ainsi un double retour – forme et fond – à l'Histoire. Ici, la page d'accueil du site revient, pour le 12 mai, sur la destruction de la maison d'Adolphe Thiers par les communards.

Écran du site.

Les Parisiens et les touristes intrigués par les affiches peuvent donc rapidement être informés sur le fait historique via leur mobile, tandis que les internautes découvrent la Commune avec cette mise en situation.

Écran du site.

Un effet d'opposition original et déroutant – mobile vs journal imprimé, action virtuelle vs action réelle, population avec les moyens d'une connexion mobile vs peuple démuni – qui constitue un bel hommage aux insurgés de la Commune. L'occasion également de revenir sur un événement étouffé par la mauvaise conscience d'une histoire de France qui n'aime pas ce qui entache son prestige.

Pour mémoire, du 22 mai au 15 juin 1871, près de 17 000 Parisiens - hommes, femmes et enfants – furent massacrés dans les rues de Paris, d'abord au gré des instincts meurtriers des Versaillais, laissés en roue libre par le gouvernement, puis suite aux condamnations à mort, immédiatement exécutées, ordonnées par des cours militaires dans l'arbitraire le plus total et sans aucun respect des procédures. Les Parisiens avaient été amenés à s'armer pour faire face au siège de Paris par les Prussiens, alors que les membres du gouvernement s'étaient réfugiés à Bordeaux, laissant le peuple parisien à son triste sort.

Le site : La Commune de Paris par Raspouteam.

Un peu plus...

Écran du site.

Le collectif avait déjà fait preuve d'une initiative analogue avec cette fois la couverture de périodes agitées de l'histoire de Paris : Désordres publics.

Un livre passionnant et accessible, duquel le nombre des 17 000 victimes est extrait : La Commune de Paris de William Serman chez Fayard.

Le texte de L'International, devenu l'hymne des travailleurs révolutionnaires, a été écrit au cours de la reprise sanglante de Paris par les Versaillais par Eugène Pottier, élu et combattant de la Commune de Paris.

 | Publié le 13.05.11

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